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La yogathérapie s’invite à l’hôpital

Temps de lecture : 3 min

Aux Etats-Unis, au Canada, en Angleterre, en Australie et dans plusieurs pays d’Asie, la yogathérapie a une belle place dans les hôpitaux. La France, quant à elle, commence doucement mais sûrement à faire entrer cette pratique ancestrale dans ses établissements médicaux (il était temps !).

Au carrefour du soin psychocorporel, de la spiritualité et de la philosophie, le yoga est avant tout un mode de vie et intègre 4 composantes : le souffle (Pranayama), les postures physiques (Asanas), les gestes psycho-énergétiques (Mudras et Drishtis) et la méditation (Dharana).

Médecine holistique,  elle prend en compte différents aspects de l’être humain : son corps, son esprit et son environnement social.

Les hôpitaux précurseurs

De plus en plus de centres hospitaliers proposent désormais des séances de yogathérapie à ses patients. A Paris, l’hôpital Saint-Louis, sous l’impulsion du Dr Cuvier, propose ce service pour les femmes atteintes d’un cancer du sein.

A l’hôpital Tenon, des sessions sont dispensées pour les patients hypertendus, présentant des troubles cardiaques et des angines de poitrine. Il a d’ailleurs récemment étendu cette thérapie à son service d’oncologie.

Dans le service de rhumatologie de la Pitié-Salpêtrière, les patients souffrant de maux de dos chroniques peuvent également en bénéficier.

Pionnier de ce mouvement, l’hôpital d’Eaubonne, dans le Val d’Oise, grâce à l’initiative du Dr Jocelyne Borel-Kuhner, ne peut être que ravie de voir que la yogathérapie prospère hors de la capitale et de la région parisienne, avec des établissements comme la Polyclinique de la Louvière, à Lille, qui propose des cours au centre respiratoire et du réentraînement à l’effort, ou encore le CHU de Nantes. Mais il reste encore du chemin !!

seance de yoga en groupe en milieu hospitalier

Bienfaits de la yogathérapie

Partant de l’idée essentielle que le corps est capable d’autorégulation, et que de nombreux maux sont avant tout liés à une dérégulation de l’organisme, diverses publications scientifiques précisent que le yoga entraîne :

  • Une diminution de l’anxiété, de la douleur, de la fatigue
  • Une réduction des symptômes du stress et des tensions
  • Une amélioration de l’humeur, une lutte contre l’insomnie
  • Une augmentation des défenses du système immunitaire

Pour les patients atteints du cancer, ce dispositif permettrait de diminuer les effets secondaires des chimiothérapies et ses conséquences traumatiques sur l’image de soi, la perte de repères et de sens, la peur de la mort, l’absence de libido, et j’en oublie certainement !

Le yoga, par ses effets mécaniques, permet également d’assouplir les muscles tout en agissant sur le système nerveux.

Une pratique régulière favorise la sécrétion d’endorphines qui calment la souffrance et diminue la production des substances inflammatoires. Elle agit donc à la fois sur la transmission et la perception de la douleur.

En conclusion …

Agissant sur le corps physique, le corps mental et le corps émotionnel, la yogathérapie a donc de nombreuses vertus. Elle apporte ainsi légèreté, détente et relaxation. Elle invite à la subjectivité de chacun au travers de son propre corps, dans un espace où l’expression de ses émotions amène à un état d’apaisement mental, en soi et autour de soi ! Alors pourquoi s’en priver et attendre d’être hospitalisé(e) pour se faire autant de bien ?

 


Source : Clara Bottai, « Yoga : un soin complémentaire à l’hôpital pour les patients atteints du Cancer ? », Cancer(s) et psy(s) 2017/1 (n° 3), p. 143-152.


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