L'angoisse du temps qui passe, que faire

L’angoisse du temps qui passe, que faire ?

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Le temps qui passe, en voilà un concept à la fois universel et subjectif, empreint de représentations inventées par l’homme pour en mesurer son écoulement.

Pour certains, le temps qui passe représente une formidable opportunité pour réaliser, inventer, s’améliorer. Pour d’autres, il est angoissant, indomptable voire paralysant.

Récemment, j’ai fait le constat surprenant que le temps qui passe reste un sujet omniprésent dans mon inconscient. Normal, allez-vous me dire ? Pas tant que ça …

Décryptage !!

Le temps qui passe, une question intemporelle …

Déjà en 1670, Blaise Pascal écrivait dans son ouvrage Pensées :  » L’homme ne s’en tient jamais au temps présent. […] Nous anticipons l’avenir comme trop lent à venir, comme pour hâter son cours ; ou nous rappelons le passé pour l’arrêter comme trop prompt […]. C’est que le présent, d’ordinaire, nous blesse. Nous le cachons à notre vue, parce qu’il nous afflige ; et s’il nous est agréable, nous regrettons de le voir échapper. […] « 

Ses mots ont 350 ans et pourtant ils restent intemporels, vous ne trouvez pas ?

Nous vivons plus longtemps … mais nous ressentons tous un sentiment d’urgence toujours plus insistant. Nous aurions tendance à penser que la faute revient à la société moderne ou encore aux nouvelles technologies. Et nous aurions peut-être raison. Mais en 1670, tout cela n’existait pas.

Alors qu’est-ce qui explique que ses mots puissent encore raisonner en nous alors que nous vivons dans un monde où tout est possible, accessible et toujours plus rapide ?

Le présent, d’ordinaire, nous blesse

Pour comprendre ce phénomène, je me suis plongée dans un article très intéressant du journal Le Figaro, La France de Louis XIV, pays de contraste.

Loin de moi l’envie de vous faire un cours d’histoire, mais à la lecture de cet article, je me suis rendu compte que finalement le monde n’avait pas tant évolué que ça sur le plan humain …

Même si les grands seigneurs et leurs châteaux ont aujourd’hui fait place à nos stars et leurs somptueuses villas ; que l’hygiène inexistante et la médecine ignorante sont désormais de l’histoire ancienne, il y a une chose qui demeure difficilement accessible depuis des siècles : notre besoin de sécurité.

Pour réussir à vivre le moment présent, il est nécessaire de pouvoir vivre dans un environnement stable et prévisible, sans anxiété ni crise … Et là les choses se corsent inévitablement !

Notre existence est rythmée par des crises à la fois sanitaires, économiques, climatiques, familiales, professionnelles et personnelles … comme en 1670 ; avec tout de même une petite différence : la sur-sollicitation permanente que nous subissons face à ces événements !

« Prendre conscience du temps » nous est alors difficile car cela revient à être conscient que la vie a une fin. Aujourd’hui, nous vivons une sorte de rupture temporelle. L’être humain se sent menacé, pour tout, partout, tout le temps, lui qui se pensait  » éternel « , capable de conjurer les effets du temps.

Nous sommes comme désynchronisé avec notre destin, c’est-à-dire avec un cours du temps dont nous ne maîtrisons finalement ni le début ni la fin. À l’instar des animaux, c’est alors notre capacité d’anticipation qui se voit mobilisée … sur-mobilisée !

Bonjour à toi anxiété et au revoir sérénité !

Nos émotions, le Saint Graal …

Accepter le temps qui passe, c’est donc accepter de vivre avec nos émotions, vivre avec nos espoirs, nos tristesses, nos joies et nos peurs … Aïe !!

Qui a envie de ça ? Qui a la force de ça ? Ne serait-ce pas une perte de temps ? C’est à vous d’en juger mais à mon sens, nos émotions représentent la seule chose que nous pouvons finalement contrôler !

Je ne dis pas que ce travail est facile mais c’est le seul chemin qui mène au bien-être. Surinvestir uniquement le passé en se disant qu’avant c’était mieux, ou hypothétiser son futur en espérant que cela arrive, même s’ils constituent des mécanismes de défenses psychiques instinctifs, créent une rupture dans le rapport à soi, et donc dans notre rapport au temps.

Face aux épreuves du passé, nous avons la possibilité d’en tirer bienveillance et fierté. Face à la perte d’un être cher par exemple, nous avons la possibilité de sourire et de rire en nous souvenant des petits bonheurs et de la chance de les avoir eu auprès de nous plutôt que d’être triste face au vide que nous ressentons à cet instant ! Et même si cela nous est impossible pour le moment, nous pouvons accepter et accueillir cette tristesse plutôt que de laisser place à la colère ou à la rancœur.

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Le temps passe s’est inéluctable, mais nous avons tous la capacité d’analyser notre vie et de nous concentrer sur l’essentiel : comment décidons-nous d’aborder nos émotions là ici et maintenant !

Lorsque vous dites  » Je n’ai pas le temps « , n’est-ce pas plutôt que vous ne voulez pas  » prendre le temps  » ? Lorsque vous cherchez des solutions pour  » gagner du temps « , que cherchez-vous réellement à gagner ?

Écouter ses émotions nous permet donc de vivre en accord avec nos valeurs, nos désirs et finalement de se créer soi-même son environnement stable et prévisible, sans anxiété, ni crise !!

Spinoza, célèbre philosophe du XVIIème siècle, disait  » Si vous voulez que la vie vous sourit, apportez-lui votre d’abord votre bonne humeur « .

En conclusion …

Comme vous l’aurez compris, le temps qui passe et la perception que nous en avons dépend surtout de la position que nous adoptons. Malgré son apparente non-maîtrise, nous avons la maîtrise de notre rapport à lui.

Grâce à un travail de réflexion, de conscientisation de ses émotions, nous avons la capacité de dialoguer à nouveau avec notre avenir. Nous nous offrons la possibilité de mettre fin à la dualité passé-présent et mettre en valeur  » le temps qui nous reste » de façon plus sereine et objective !

Et vous, qu’en pensez-vous ?

N’hésitez pas à me laisser vos commentaires !

Belle semaine à tous ^^

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